La chevalerie – Le sport au service de la guerre
Au Moyen Âge, les notions de guerre et de sport étaient souvent indistinctement entremêlées, et la montée en popularité de la chevalerie ne fit qu’accroître ce phénomène, puisque l’habileté à maîtriser les armes passait par l’entraînement physique. Devenir chevalier était un processus très long, les jeunes étant souvent recrutés par un seigneur dès leur tendre enfance et soumis à divers exercices de perfectionnement dans l’art du combat, de la chasse ou de l’équitation. Un entraînement soutenu et une bonne forme physique étaient primordiaux pour développer la force et les habiletés du chevalier.
Lorsqu’ils étaient consacrés, les chevaliers étaient souvent mis à l’épreuve lors de joutes, des rencontres régies par des règlements afin d’éviter les blessures graves, ou de tournois, duels à l’enjeu véritable pouvant se solder par la mort de l’un ou l’autre des adversaires. En temps de guerre, leur rôle visait à protéger les terres ou les territoires de leurs alliés. Ils devaient donc s’exercer régulièrement à désarçonner un adversaire ou à combattre à l’arme blanche. L’entraînement auquel étaient soumis les chevaliers était très exigeant physiquement et, c’est pourquoi il est qualifié de sport guerrier par plusieurs.
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Interactif L’emprise de l’Église – Une poigne de fer
Le Moyen Âge fut soumis à une stricte et intrusive domination du christianisme, qui prônait des valeurs en contradiction avec la pratique de jeux et de sports. Ces derniers allaient à l’encontre de la piété, de l’humilité et de la docilité que les autorités religieuses souhaitaient observer chez leurs fidèles. De plus, aux yeux du clergé, chaque minute consacrée à un loisir plutôt qu’à la pratique de la foi était une perte de temps. C’est pourquoi toute forme de jeu était d’ailleurs interdite aux prêtres, moines ou évêques.
Si les autorités religieuses du Moyen Âge condamnèrent d’abord les agissements et les activités des chevaliers, elles ne tardèrent pas à voir en eux une armée puissante pouvant servir à contraindre les infidèles par la force. Ainsi naquirent les Croisades, des guerres saintes menées sous les ordres du pape et à la pointe de l’épée, qui conduisirent à l’apparition d’une toute nouvelle chevalerie religieuse. Du jour au lendemain, la force physique et les qualités guerrières furent valorisées par les autorités chrétiennes qui les avaient tant réprouvées par le passé.
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Interactif Les jeux médiévaux – La notion de plaisir
L’époque médiévale fit apparaître, dans le domaine du sport, une nouvelle notion de plaisir et de divertissement. Contrairement aux époques précédentes, on ne pratiquait plus uniquement l’activité physique pour des raisons pratiques, militaires ou religieuses, mais aussi simplement pour passer le temps. Également, les jeux perdirent de leur caractère événementiel, destinés au spectacle et réservés à une élite, pour devenir une activité à laquelle on s’adonne entre amis ou habitants d’une même ville, une vision qui tranchait grandement avec les Jeux grecs ou les cirques romains.
Parmi les activités physiques les plus connues de l’époque médiévale, on retrouve le jeu de paume, la soule et la lutte. On pratiquait également la natation, les sauts, les concours de grimpeurs ou encore le lancer de pierres, le tout sans prétention aucune. Les multiples interdictions du clergé face à ces activités n’avaient que peu d’effet sur la population qui les appréciait tant. Pour les nobles, les expéditions de chasse à cheval constituaient un bon moyen de s’ébattre au grand air, tandis que pour les moins fortunés, c’est la pêche qui semblait beaucoup plus accessible.
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Interactif La soule et le jeu de paume – Des sports pour tous
La soule était un sport très répandu au Moyen Âge et à la Renaissance, et attirait principalement les gens issus des classes populaires. Il s’agissait d’un sport d’équipe consistant à faire passer un ballon entre deux poteaux ou à l’apporter à un endroit précis du terrain. On y jouait surtout lors de grandes fêtes organisées entre diverses agglomérations voisines et où les joueurs tentaient par tous les moyens de défendre l’honneur de leur village. Ce sport a probablement mené, bien des années plus tard, à l’émergence du rugby et du football européen.
Le jeu de paume, consistant à renvoyer avec les mains une petite balle de façon à ce que l’adversaire la rate, est considéré comme l’ancêtre du tennis. Au cours du Moyen Âge, il connut une vive popularité auprès du peuple, au point où les autorités cléricales durent en limiter la pratique au dimanche pour résorber le taux d’absentéisme au travail. Il se joua d’abord à l’extérieur, sur un terrain séparé en deux par une corde ou un filet, avant de se pratiquer dans des salles spéciales appelées « tripots ». Le jeu de paume, douloureux pour les mains, mena à l’invention de la première raquette.
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Interactif Le passage vers la Renaissance – L’intellect au détriment de l’action
La Renaissance fut marquée par une grande évolution des arts et des lettres, deux domaines qui semblent à prime abord plutôt incompatibles avec la notion de sport. Toutefois, si les activités dites « de salon » prirent alors une grande place dans la vie des nobles, on ne se détourna pas totalement de l’activité physique pour autant. En effet, cette époque fut caractérisée par un fort désir de comprendre et de réglementer les sports du présent comme du passé. On manifesta un grand respect et un vif intérêt envers les sports de l’Antiquité, permettant à l’effort physique de retrouver une certaine noblesse.
Les humanistes de la Renaissance prônaient des valeurs semblables à celles des Grecs de jadis, affirmant que la santé de l’esprit et celle du corps allaient de pair et que les jeux comme l’exercice avaient leur place dans l’éducation. C’est également à cette époque que l’on décida de codifier et de réglementer les sports déjà existants, permettant par le fait même d’accroître leur popularité et de les faire voyager d’un pays à l’autre. Toutefois, si la Renaissance mit l’érudition au service de l’activité physique, elle ne put bientôt plus empêcher les activités de l’esprit d’empiéter sur celles du corps.
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